Installé à Dakar pendant plusieurs années, Cyrille Montain raconte son quotidien dans la capitale sénégalaise, entre richesse culturelle, contrastes sociaux et adaptation personnelle. Son témoignage est rassemblé dans un livre nommé Dakar expat': Six années d'expatriation au Sénégal, un récit intime et lucide de la vie d’expat en Afrique de l’Ouest.
Je suis un observateur. En tant qu’expatrié, j’ai vu beaucoup de choses qu’on ne raconte pas. J’ai voulu montrer le vrai Dakar.
“Après 4 années en Polynésie française, nous nous installons à Dakar, capitale du Sénégal, une ville au développement anarchique où les baobabs ont disparu au profit de forêts d'immeubles plus ou moins bien construits et de villas luxueuses.” Le ton est donné, Cyrille Montain veut parler de sa vie d’expatrié au Sénégal, dans ce qu’elle a de plus intense et de plus authentique, sans fard. Son livre Dakar expat': Six années d'expatriation au Sénégal, est une plongée sincère dans le quotidien d’un expatrié lucide, qui a su poser un regard honnête et empathique sur le pays qui l’a accueilli. Lepetitjournal.com est allé à la rencontre de l’auteur, aujourd’hui installé à Mayotte.

Ce que je raconte, ce sont des petites anecdotes, des fragments de vie, qui disent quelque chose de la réalité de l’expatriation

La vie d’expatrié à Dakar et la communauté française solide
Le livre est avant tout une volonté de témoigner : “Je suis un observateur. En tant qu’expatrié, j’ai vu beaucoup de choses qu’on ne raconte pas. J’ai voulu montrer le vrai Dakar.” Cyrille raconte que sa vie sociale repose aussi sur une communauté française bien organisée : “nous nous passions les bons plans, trouvions des activités pour les enfants. Le réseau français est solide et soudé". Il se souvient également de la visite d’Emmanuel Macron à Dakar : ‘Dès qu’un ministre ou un président vient, les Français se retrouvent avec beaucoup d’enthousiasme.”
Au quotidien, la vie s’organise et il est évidemment très privilégié de vivre avec des conditions d’expatriation: “C’est très vrai, lorsqu’on est expatrié, on vit dans une bulle. Il est possible d’avoir appartement confortable, voire une maison, une femme de ménage, parfois un chauffeur. Nous mangeons bien, il y a des plages, du surf…Nous vivons en sécurité à Dakar. Mais il faut rester prudent, surtout la nuit, notamment pour les femmes seules”. Côté découvertes, l’auteur recommande des lieux tels que Saint-Louis, la Petite Côte, le désert de Lompoul, la mangrove du Sine Saloum, Palmarin… “Ce sont des coins magnifiques. Dakar, c’est la vie urbaine, les embouteillages, mais le Sénégal, c’est bien plus vaste.”

Pour lui, la capitale sénégalaise est d’abord une ville où l’humour et la dignité du peuple marquent profondément. “Les Sénégalais ont du recul, une manière de jouer de la situation qui force le respect. Je ne prétends pas connaître les Sénégalais. Mais j’ai vécu des choses, j’ai observé, j’ai appris. Ce que je raconte, ce sont des petites anecdotes, des fragments de vie, qui disent quelque chose de la réalité de l’expatriation”.
Ce qui m’a le plus marqué, ce sont les enfants mendiants. En tant que père de quatre enfants, cela m’a bouleversé.

Derrière la carte postale, la réalité de Dakar
Derrière cette carte postale familière aux touristes et aux nostalgiques du rallye Paris-Dakar, se cache une réalité plus complexe et moins reluisante selon Cyrille Montain qui mêle récit personnel, observations sociales et analyse environnementale : “la métropole de plusieurs millions d’habitants est une mosaïque de quartiers aux identités fortes — Médina, Almadies, etc. — mais aussi une ville confrontée à des enjeux environnementaux et sanitaires” confie Cyrille. “La pollution est permanente. L’eau n’est quasiment pas traitée”. Côté air, le constat n’est pas plus rassurant, entre les poussières sahéliennes et les chantiers omniprésents.

“Ce qui m’a le plus marqué, ce sont les enfants mendiants. En tant que père de quatre enfants, cela m’a bouleversé.” confie-t-il, citant l’association Village Pilote, qui tente d’aider certains de ces jeunes garçons, souvent livrés à eux-mêmes. “Cette violence sociale est présente au quotidien”.Cyrille Montain a beaucoup appris à Dakar : “Je suis arrivé de Tahiti apaisé, puis je me suis endurci à Dakar.”
Avec son livre, Cyrille Montain propose un éclairage précieux pour ceux qui envisagent de s’y installer, ou tout simplement pour ceux qui veulent mieux comprendre une grande capitale africaine en pleine mutation… Car le Sénégal a une démographie impressionnante, un potentiel culturel énorme : “Il y a un dynamisme qu’on sent monter ici !”